Mes chers auditeurs, chers lecteurs, chers emprunteurs frénétiques ou frileux, bonjour !
Aujourd’hui, en direct de mon hamac suspendu entre deux cocotiers thaïlandais (non climatisés, je suis un homme du peuple), je vous propose une chronique pleine de soleil… mais surtout pleine de taux. Eh oui, sortez les lunettes de soleil et les calculettes, c’est l’heure de la météo des taux by Vincent. Un peu comme Louis Bodin, mais sans le brushing ni les alertes orange qui donnent envie d’annuler la vie.
🌤️ Après la pluie, le crédit...
Souvenez-vous du mois d’avril : un temps instable, des orages sur les courbes, et des courtiers en PLS dans les agences. Bref, une météo capricieuse, de celles qui vous font hésiter entre parapluie et crème solaire… ou entre offre de prêt et location meublée. Mais voilà qu’arrive mai, et avec lui un courant d’air chaud venu de Francfort : les taux immobiliers repartent à la baisse, et cette fois, ce n’est pas une blague belge.
Tenez-vous bien : 2,89% sur 15 ans, 2,99% sur 20 ans. Oui, vous avez bien lu. Non, ce n’est pas une offre de leasing pour une Dacia Spring. Ce sont les taux que vous pouvez décrocher en ce moment si votre dossier est aussi propre qu’un frigo de nutritionniste.
🌍 Contexte macroéco : la BCE, ce serial doudou monétaire
Mais que s’est-il donc passé dans la grande salle des machines ? Eh bien, **la Banque Centrale Européenne vient d'enchaîner sa 7e baisse de taux consécutive. Autant dire que Christine Lagarde est en train de lâcher les vannes comme si elle vidait une piscine avant rénovation. Résultat : le coût de financement de l’État français dégringole, et les banques, jamais à court de flair commercial, se remettent à draguer le primo-accédant comme un vendeur de roses à la terrasse d’un resto.
On n’avait pas vu autant d’agressivité sur les taux depuis l’époque où les vendeurs de crédit vous appelaient à l’heure du dîner. Sauf que cette fois, c’est pour vous proposer du concret, du juteux, du presque sexy : de la mensualité allégée, du projet relancé, du rêve immobilier déterré.
🇺🇸 Pendant ce temps-là, chez l’Oncle Sam...
Ah, les États-Unis. Ce grand pays où tout est plus gros, même les problèmes. Entre le retour de Donald Trump à la Maison Blanche (avec ses idées aussi subtiles qu’un coup de massue dans une horlogerie suisse), ses histoires de droits de douane en mode buffet à volonté, et une inflation qui fait de la muscu, le marché immobilier américain est en train de se casser la figure façon Jenga après cinq mojitos. Des faillites à la chaîne, des promoteurs en panique, et des taux qui font de la corde à sauter.
Et chez nous ? Tranquille. Inflation à moins de 1%, croissance en mode sieste, et des banques centrales qui jouent les nounous en injectant des câlins monétaires à tout-va. Même la Banque d’Angleterre – pourtant plus crispée qu’un majordome écossais – se met à baisser ses taux. La Pologne suit, la Thaïlande aussi (je vous confirme, vu d’ici, tout le monde est en tongs et en baisse de taux). C’est une tendance mondiale : pendant que certains jonglent avec les crises, d’autres injectent des tranquillisants dans le crédit.
🏠 Immobilier : soleil sur l’ancien, brume sur le neuf
Alors, que fait-on avec tout ça ? On ressort les plans d’achat ? On relance la chasse aux passoires thermiques ? On réactive l’alerte "notaire dispo" sur LeBonCoin ?
Eh bien, oui, l’immobilier ancien pourrait bien connaître un petit printemps des transactions. Les prix se sont un peu calmés, les taux respirent, et les vendeurs commencent à comprendre que 2022, c’est fini. En revanche, le neuf tousse. Et pas une petite toux de gorge sèche. Non. Une vraie bronchite industrielle.
Nexity, champion tricolore du logement neuf, vient d’annoncer un plan social, ce qui, dans notre petit monde, sonne un peu comme si McDo annonçait la fin du Big Mac. Manque d’investisseurs, coûts de construction en mode Tour de Babel, et réglementation toujours plus stricte : le neuf fait grise mine, malgré les taux en mode cure d’amaigrissement.
☀️ Conclusion : Ils ont le soleil, on a les taux bas
Alors, certes, ici en Thaïlande, ils ont le soleil. Mais nous, en Europe, on a les taux bas. Chacun son luxe. Certains bronzent, d’autres empruntent. Et, qui sait, peut-être que ce printemps un peu fou redonnera à l’immobilier ce petit coup de fouet qui manquait.
Mais avant de sabrer le champagne sur votre futur 3 pièces, gardez un œil sur la météo. Financière, j’entends. Parce que tout va bien jusqu’à ce qu’un nuage fiscal pointe le bout de son nez. Et justement… spoiler alert : on me souffle dans l’oreillette qu’une petite loi sur les successions mijote gentiment en coulisse. Le genre de loi qui pourrait transformer les héritages en épopée administrative.
Mais chut… chaque chose en son temps. On en reparle dans le prochain épisode.
À très vite pour une nouvelle chronique de Louis Bodin de l’immobilier. Enfin… Vincent, quoi.